Page:Nicolaï - La mort fait le trottoir, 1948.djvu/16

Cette page a été validée par deux contributeurs.
12
LA MORT FAIT LE TROTTOIR

parents ne voulaient voir en moi qu’une petite fille à laquelle bientôt ils trouveraient un mari. Je veux vivre ma vie, moi, ma belle vie pleine d’aventures.

— Tu sais, la vie pleine d’aventures, tu en auras vite assez. C’est moi qui te le dis. Et je sais ce que c’est.

— Si tu savais quel plaisir j’ai quand je danse, quand je sens tous ces regards braqués sur moi ; quand je devine, dans le noir de la salle, tous ces gens accrochés à mes gestes…

— T’emballe pas. Tu verras que tout n’est pas rose dans le métier. Mais, cela, tu as bien le temps de l’apprendre. Pour l’instant, il faut te loger. Tu sais où aller ?

— Ma foi non… Ah ! zut, encore une maille de partie.

— Tu diras à ton amant qu’il t’offre une autre paire de bas.

— Tu sais bien que je n’ai pas d’amant.

— Eh bien, et le type qui t’attend à la sortie ?

— Ce n’est pas mon amant… du moins pas encore.

— Il te plaît ?

— Je ne sais pas. Je le connais à peine. L’autre soir il m’a attendue à la sortie des artistes. Il m’a abordée, très poliment d’ailleurs. Et puis il est revenu le lendemain. Et puis encore tout à l’heure, comme j’arrivais pour la matinée je l’ai trouvé