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LE TOUR DU MONDE

NOUVEAU JOURNAL DES VOYAGES.



Jeunes mendiants de la tribu des Kytchs (voy. p. 5). — Dessin de A. de Neuville.


VOYAGE À L’ALBERT N’YANZA OU LAC ALBERT

(LE LOUTA-N’ZIGÉ DU CAPITAINE SPEKE),


PAR SIR SAMUEL WHITE BAKER.


1861-1864. — TRADUCTION INÉDITE. — DESSIN INÉDITS[1].


I

Du Caire à Gondokoro.


Après plusieurs années de voyages dans l’Inde et à Ceylan, je me trouvais en Égypte, au printemps de 1861, prêt à me diriger vers les sources du Nil. J’avais l’espoir de rencontrer quelque part dans leur voisinage les capitaines Speke et Grant, que le gouvernement anglais avait encouragés à faire la même recherche, par la voie de Zanzibar[2].

Les sources du Nil ayant défié jusqu’alors toutes les explorations et fait échouer les plus fiers courages, je m’étais bien gardé de mettre le public dans la confidence de mes projets ; mais j’étais irrévocablement déterminé à triompher des difficultés de ma tâche, ou à périr dans la lutte.

Persuadé que, dans les expéditions composées de plusieurs personnes, les moindres difficultés aboutissent généralement à des avis opposés qui deviennent des obstacles à l’entreprise, j’avais d’abord résolu de partir seul. Je me confiais dans mon tempérament éprouvé, ma longue expérience de la vie sauvage, mes loisirs et des ressources pécuniaires que je me propo-

  1. La relation complète de ce voyage, traduite de l’anglais, sera publiée par les éditeurs du Tour du monde. Les gravures ont été exécutées d’après celles de l’ouvrage original.
  2. Voy. la relation de Speke et Grant, Tour du monde, tome IX.