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Panierplatz, près du Burg, à Nuremberg. — Dessin de Thérond d’après une photographie.


NUREMBERG

(BAVIÈRE)
PAR M. ÉDOUARD CHARTON.
1862. — TEXTE ET DESSINS INÉDITS.


En route. — L’auberge du Rothe Ross. — Excursion nocturne. — La maison de Serz : Wallenstein. — Une préface d’Hoffmann. — Le presbytère de Saint-Sebald. — Theuerdank. — Saint-Sebald. — La porte des Mariées. — Le tombeau de saint Sebald. — Un bas-relief comique d’Adam Krafft. — La mort de Jean Palm. — Le globe de Martin Behaim. La maison Tucher.
17 septembre, 1862. En route.

Mes souvenirs me reportent au milieu des campagnes de la Bavière. Le convoi passe à toute vitesse en vue des villes d’Augsbourg, Donauwœrth et Nordlingen. Nous traversons des paysages où rien n’étonne, mais qui ont tout ce qu’il faut pour plaire : on sent qu’il ne serait pas besoin d’être Bavarois pour les aimer. Les teintes adoucies d’un soir d’automne conviennent bien à cette nature tempérée. Les scènes de la vie rustique se détachent légèrement, en demi-teinte, sur le fond vert des prairies qui commence à s’assombrir, et viennent s’encadrer aux fenêtres de notre wagon comme des tableaux de maîtres. De grandes troupes d’oies blanches, babillant et boitant, rentrent aux villages, sous la garde de jeunes filles. Des groupes de paysans franconiens, tout vêtus de noir, graves comme nos Bretons du Léonais, précèdent ou suivent de longs chariots bas, évasés, chargés d’herbages mêlés de fleurs des champs qui débordent et flottent sur les roues. Le long de la voie, des enfants blonds jouent aux portes de maisonnettes en bois élégamment sculptées et tapissées de vignes vierges : les derniers rayons du soleil empourprent ces gais visages, glissent avant de s’éteindre sur les contours des pampres, et s’y balancent un moment comme des franges d’or.