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[1580. — juillet.]

Cop. – B. R. Fonds Leydet, Mém. mss. sur Geoffroy de Vivans, p. 80.


[À MONSR DE VIVANS.]

Monsr de Vivans, J’ay tant de bons tesmoignages de divers endroicts, et particulierement de mon cousin monsr de Turenne, de la continuation et accroissement de vostre affection et desvotion à tout ce qui touche le bien de mon service, que je ne fus jamais si content ne satisfaict de vous. J’espere vous voir bien tost et le vous faire entendre de bouche. La reprise de Castillon a estonné noz ennemiz[1], abattu leur gloire, et jeté leurs trophées par terre avec peu de coust. Il faut continuer. Ayant donné ordre à quelques affaires par deçà, et establi quelques reglemens, je partiray. Aprés avoir soustenu les efforts de tant d’armées nous sommes plus forts que jamais ; nous tenons la campagne et prenons tousjours quelque chose. Il semble que Dieu veuille favoriser nostre juste cause ou plustost la sienne. Nostre armée estrangere s’appreste infailliblement et commence à marcher[2]. À la court les desfiances croissent. Dieu nous aydera. À Dieu, Monsr de Vivans..........

[HENRY.]
  1. Dom Vaissète, dans l’énumération de plusieurs villes et châteaux que prit alors le corps de troupes commandé par le vicomte de Turenne, place la prise de Castillon au 30 juin. Le feu fut mis à cette ville.
  2. C’était le secours que les protestants attendaient alors du palatin Casimir. La crainte de cette intervention fit accorder au roi de Navarre la paix conclue à la fin de novembre suivant. « La seule ressource des Huguenots, dit Mézeray, estoit une levée de Reistres. Le Roy la redoutoit sur toutes choses, et la France frissonnoit d’horreur au seul nom de ces cruels pillards qui l’avoient tant de fois saccagée. » (Abrégé chronologique, année 1580.)