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INTRODUCTION 1*

abstraits parfois, mais loujourssi riches en analyses morales, ea vues profondes sur le moi humain.

ACTE I. — Dès le début, les noms des six combattants, choisis par Albe el Rome, sont connus C'est une faute dans laquelle Corneille n'est pas tombé : la commettre, c eut ete s'h^terdire d'avance les émouvantes péripéties qui soutien- nent ses deux premiers actes. Aussi, chez le poète italien, nous intéressons-nous beaucoup moins, soit à la joie orgueil- leuse de Pubiius Iloralius (le vieil Horace), soil aux conh- dences plaintives que Cœlia Horatia (Camille) fait à sa nourrice, au somre quelle lui raconte, à sa pieuse visite au temple de Minerve, dont elle couvre les autels de tleurs. Irrémédiablement affaibli par cette faute origmelle, 1 intérêt rfest pas relevé par l'apprirition du fécial M. Valerius, qui tient en main la poignée d'herbes traditionnelle, la verveine, la pierre tranchante du sacrilice, et accomplit sur la scène les cérémonies étranges »ju>' décrit Tite-Live.

ACTE II. — Au moir.ent où le vieil Horace sort du temple et s'etforce de se dérober au respectueux empressement de la foule Talius, chevabcr romain, vient lui annoncer la victoire de son fils, et lui fait un long récit du combat. Ici encore, lea événements semblent se précipiter avec une brusquerie peu dramatique, puisque, dès le second acte, l'action principale touche à sa fin. Mais la part du spectacle n'en est pas dimi- nuée : pendant qu'éclate la joie bruyante du peuple, la sœur d'Horace s'évanouit par deux fois, et son père, déjà tout con- solé de la mort de ses fils par la victoire de Rome, la lait transporter dans sa maison.

âCTEUI. —L'acte lll est celui du fratricide ; mais on pense bien que le fratricide même aura besoin d'une éclatante mise en scène. Les trompettes sonnent; chargé des dépouilles des Curiaces, un esclave se dirige vers le temple de Minerve. Près du vieil Horace, venu à la rencontre de son fils, Cœlia Horatia, soutenue par sa nourrice, assiste avec une indigna- tion mal contenue aux démonstrations de la joie populaire. Tout à coup elle reconnaît, entre tous, le vêtement de Curiace, qu'elle a tissu de sa propre main; elle le baise avec transport et de plus en plus s'exalte dans sa douleur. De là, les amers reproches dont elle accable son frère victorieux, et qu'elle expie de sa vie. Sachons gré pourtant à l'Arélin d'avoir fait tuer Cœlia hors du théâtre; il aurait pu mettre le crime sous nos yeux, comme tout le reste. Le peuple d'ailleurs n est jamais absent : il n'ose retenir le meurtrier, qui va paisible- ment chez lui se dépouiller de ses armes, mais que le roi \nvite à comparaître devant lui, au ForunA.

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