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quelques documents inédits

La Guillaumie[1].
Leprestre[2].
Renouard[3].
Pellot[4].

On est un peu surpris de ne pas trouver dans cette liste le nom du Conseiller Clerc Lenoir[5], qui était rapporteur. Il ne siégeait pas, étant clerc, à la Tournelle, où se jugeaient les affaires criminelles. D’ailleurs les conseillers de service à la Tournelle « ne laissent pas néanmoins que d’entrer et de rapporter en la Grand Chambre… les procès dont ils sont rapporteurs[6]. »

Il est impossible que le greffier ait omis le nom du rapporteur par inadvertance : peut-être était-il malade ou empêché ce jour-là. En tout cas, on procéda en son absence : faut-il y voir un indice de la hâte qu’on mit à condamner l’Emile ? Le livre se distribua dans la seconde quinzaine de mai[7]. La Pentecôte étant le 30 mai, le Parlement fut en vacances depuis le samedi 29 jusqu’au lundi 7 juin : ainsi en rendant l’arrêt le 9, il n’y eut pas de temps perdu. Je doute que le rapporteur eût été nommé avant les vacances[8] : les amis de Rousseau ne l’auraient pas ignoré, et comment dès lors eût-il pu douter jusqu’au 8 juin qu’on dût le poursuivre ? Il faut supposer le rapporteur désigné seulement le 7 ou le 8.

  1. Conseiller depuis 1725.
  2. Leprêtre de Lezonnet, conseiller depuis 1720.
  3. Conseiller depuis 1715. Cons. honoraire à la Grand Chambre. Président de la Cour des aides.
  4. Conseiller depuis 1720.
  5. Conseiller depuis 1738.
  6. Almanach royal, 1762, p. 204.
  7. Rousseau fait distribuer le 23 mai les exemplaires qu’il offre. (Lettre du 19 à Mme de Luxembourg).
  8. A la Faculté de Théologie, le livre n’est dénoncé que le 7 juin : voyez plus loin.