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maux, aux maladies de la gorge et des cordes vocales. Si nos théâtres d’opéra, d’opéra-comique et même d’opérette se recrutaient uniquement chez les girafes, nous n’en serions plus à compter les jours de relâche.

— Très juste.

— Eh bien, non ! Nous en serions à les compter, car les girafes qui ne pratiquent le laryngoscope qu’à de rares intervalles, pour qui le chlorate de potasse est mythe et la cocaïne chimère, les girafes, dis-je, quand elles se sentent atteintes, se guérissent vite et à peu de frais.

Cap s’apercevant à cet instant que la bouteille d’extra-dry était vide, eut un rictus de douloureuse stupeur auquel l’homme du bar ne se méprit point : il en rapporta une autre.

— Voici comment elle procède, la girafe : elle se couche en exhalant une sorte de plainte mélodieuse qui a la propriété d’attirer le boa constrictor. Ce reptile arrive à pas de loup, si j’ose m’exprimer ainsi, et doucement, sans rien brusquer, s’enroule autour du cou de la jeune malade, du ras des épaules jusqu’au-dessus de la tête. Nos élégantes Parisiennes portent des boas en plume ou en fourrure. Les girafes portent des boas en boa, ce qui est bien