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XXIV

la troisième nuit


Hawa était contente de Goha. Si depuis deux jours il n’avait rien vendu, du moins les journées précédentes avaient-elles été particulièrement fructueuses. Deux magnifiques moutons, cent soixante piécettes de cuivre, tel était le bénéfice de ses transactions commerciales. La négresse était satisfaite de ce résultat et en augurait un si bel avenir que sa grossesse lui parut presque un bienfait providentiel. Goha, son soutien, devenait un homme raisonnable, digne de se constituer un foyer. Elle s’arrangerait pour qu’il fît d’elle sa femme ou sa concubine, elle aurait une maison, un jardin, elle posséderait des esclaves, quatre, trois…

— Oui, trois esclaves, c’est bien assez… dit-elle à voix haute. Ces gens-là, si on ne les surveillait pas, passeraient leurs journées à ne rien faire. Il