Page:Adam - Irène et les eunuques, 1907.djvu/343

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
317
IRÈNE ET LES EUNUQUES

Une longue angoisse précipita le sang dans tous les cœurs. Enfin Marie se prosterna devant Tarasios. Sa voix trébuchait, s’étouffait :

— Je supplie Ta Sainteté de m’imposer le voile et de me permettre d’invoquer le Théos, le reste de mes jours, dans une cellule de religieuse où je me repentirai de mes fautes.

— Dis clairement quelle fut ta faute !… requit sévèrement le Patriarche.

L’innocente jeta les yeux autour d’elle, cherchant une pitié qui ne se déclara point.

— Je ne puis crier ma honte, ni ma faiblesse, ni ma misère ainsi devant tous,… gémit-elle.

Staurakios proposait :

— Nous t’interrogerons et tu répondras.

— Nous pouvons recueillir ici ton aveu…, dit Aétios empressé… Voici le canicléios, détenteur de l’encre de pourpre, pour signer l’acte.

Jean Bythométrès ajouta :

— Et voici les logothètes pour témoigner selon ta parole…

Domptée par la lassitude, l’épouse consentit d’un signe.

— Qu’on ouvre les portes… ordonna Constantin… Laissez jusqu’à la grille entrer le peuple qui attend dehors pour être béni au passage du Patriarche… Il faut que l’aveu soit public.

— Moi, je te soutiendrai, ma fille… promit Irène à voix basse, et douloureuse de cette douleur.